dimanche 27 novembre 2011

CENT VINGT TROISIÈME SEMAINE DU JEUDI 17 NOVEMBRE AU DIMANCHE 27 NOVEMBRE 2011

Mercredi 17, nous quittons Spanish Water et Curaçao vers 11h et prenons la direction de Haïti.
Il n’avait jamais été question que nous nous arrêtions à Haïti ni à la Jamaïque d’ailleurs, mais comme nous avons le temps (nous devons être à Cuba au plus tard le 18 décembre), nous pensons que cela va être de bonnes escales.


























Nous arrivons à Haïti et à l’Île à Vache (car apparemment il y a beaucoup de vaches) dimanche 20 vers 17h après avoir fait une navigation correct de près de 500Mn avec un vent bien positionné mais une mer hachée qui nous a pas mal secoués.
Je crois que nous serons unanimes tous les quatre pour dire que depuis que nous sommes partis en juillet 2009, c’est certainement le plus bel endroit que nous ayons rencontré. Nous longeons l’Île à Vache et rentrons dans la baie de Port Morgan qui est entourée d’une végétation luxuriante.
Nous sommes accueillis par des enfants en pirogues fabriquées dans du bois de manguier.
Au premier abord nous retrouvons les sensations que nous avions ressenties en Casamance.
La culture Haïtienne est un mélange de culture africaine et française.
Les Haïtiens sont très fiers d’être la première république noire au monde.
Et qui a découvert Haïti? Et bien encore une fois c’est notre Krikri.
Les Tainos étaient les habitants indigènes de l’île mais ils furent décimés par les maladies, les guerres et l’esclavage.
Puis arrivèrent les esclaves africains.
Après des batailles entre Espagnols, Français, Hollandais et Anglais, les Français prirent le dessus et c’est pendant la révolution française qu’une rébellion d’esclaves fût menée par Toussaint Louverture. Il prit la direction de l’Île en temps que gouverneur général.
Napoléon voulut réintroduire l’esclavage mais après un sérieux soulèvement, les Français furent chassés et le pays devint indépendant sous le nom d’Haïti en 1804.
Suivirent plusieurs révolutions et conflits jusqu’à l’intervention des États Unis en 1915.
Cette occupation américaine entraîna une révolte de 1918 à 1920 où plus de 2000 Haïtiens furent tués.
Les États Unis se retirèrent en 1934, laissant un pays pauvre et surpeuplé
Puis arrivèrent François Duvalier (Papa Doc) dans les années 50, puis son fils Jean Claude Duvalier (Bébé Doc) qui, avec leurs gouvernements répressifs, provoquèrent de nombreuses tueries.
Vint le tour du gouvernement de Jean Bertrand Aristide (1990, 1994, 2004) qui provoqua également de nombreuses émeutes.
Actuellement un nouveau président est en place (un ancien chanteur), mais ce pays a eu à subir, cyclones, tremblements de terre, épidémies (choléra entre autre).
Tout cela a fait qu’au jour d’aujourd’hui, Haïti (qui veut dire terre élevée) est le pays le plus pauvre du monde occidentale.
Il est surpeuplé, manque de matières premières, le sol montagneux est difficile à cultiver et les différents cyclones passés par là n’ont rien arrangé.
On y parle donc le créole et le Français.
Nous n’étions pas préparés à ce voyage et avons du faire les fonds de tiroirs pour trouver entre autres des cahiers, des stylos, des savons, des piles, des gâteaux etc… afin d’essayer de contenter tous ces enfants et adultes démunis.
Nous faisons la connaissance de Osny et de son copain Stephan (environ une quinzaine d’années).
Ils passeront une matinée entière sur Balafenn à nous faire des dessins. Osny est un petit gars très intéressant, intelligent mais malheureusement que deviendra-t-il dans un pays aussi miséreux?.
Il s’occupe d’apprendre aux enfants le dessin en dehors des heures de classe et je suis vraiment malheureuse de ne pouvoir lui donner plus que ces quelques cahiers, stylos, feuilles de papiers.
Nous lui laisserons notre adresse Mail, au cas où par miracle il pourrait y accéder, afin qu’il nous envoie tout ce dont il pourrait avoir besoin pour ses bénévolats. Cela me ferait tellement plaisir de pouvoir l’aider! Mais cela est certainement plus facile à dire qu’à faire! Nous savons que le gouvernement bloque certaines arrivées d’aide humanitaire, alors dans cette petite île cela me semble du domaine de l’impossible.
Il nous a été déconseillé d’aller sur l’Île principale à cause de l’insécurité.
Nous resterons donc à Port Morgan où là vraiment nous ne nous sentons pas en danger.
























Mercredi 23, nous partons vers 10h de l’Île à Vache avec un petit pincement au cœur (surtout de laisser Osny) et prenons la direction de la Jamaïque.
Nous ferons les 160Mn qui nous séparent de la Jamaïque moitié au moteur (ce qui me permet d’entendre râler Jmi) et le reste avec un bon vent qui nous permettra de faire du 7 nœuds de moyenne.

























Jeudi 24, nous arrivons en Jamaïque à Portland : ‘Port Antonio’ de nuit vers 19h ce qui pour moi est un grand moment de stress. Les choses de nuit sont tellement différentes et de plus il est stipulé sur nos cartes que cette baie cache une épave enfouie à 5 mètres. Alors vigilance!!!
La Jamaique, le pays de Bob Marley et du Reggae!!!!
La Jamaïque mot venant d’un terme Arawak signifiant terre d‘eau et de forêts, qui est une des plus grandes îles des grandes Antilles a été découverte par notre Krikri en 1494.
Puis arrivèrent les Espagnols et les Arawaks disparurent.
Les Anglais vinrent à leur tour.
Elle est Indépendante depuis 1962.
Le chômage y demeure très élevé avec son accompagnement de pauvreté et de criminalité.
On y parle l’anglais et le « Jamaïca patois ».
Une majorité de protestants, quelques catholiques, juifs, musulmans, hindous mais le Rastafarianisme entraîne encore un bon nombre d’adeptes.
Malheureusement la forte criminalité, les agressions et les vols en éloignent la plupart des plaisanciers.
Nous n’avons jamais ressenti ici à Portland la moindre insécurité, au contraire nous n’avons rencontré que des personnes aimables et souriantes!!!!
Vendredi 25, nous descendons à terre après avoir eu la visite d’une femme du service sanitaire.
Cette dernière, une fois montée à bord a commencé à nous poser des questions concernant les produits frais que nous avions à bord, a regardé dans le congélateur et dans le frigidaire puis a commencé à s’intéresser à ce que nous avions comme alcool (vins, spiritueux).
Elle a demandé à voir nos bouteilles et nous lui avons montré seulement les apéritifs et les digestifs.
Elle a été étonnée de voir les bouteilles anciennes que je tiens de mon Grand Père avec des petits bonshommes et des échelles en bois à l’intérieur puis à la vue des bouteilles de Bacardi elle nous a demandé d’en prendre une (soit disant qu’elle ne connaissait pas). C’est le prix à payer pour être tranquille et nous nous estimons heureux car dans certains endroits cela coûte beaucoup plus cher...
La petite ville de Portland Port Antonio est cernée par un grand parc super bien entretenu qui fait parti de la Marina ‘Errol Flynn‘. Les arbres et plantes (si petites chez nous) ici prennent des allures de monstres. A côté de certains Yukas je me sens un peu comme Alice au pays des merveilles.
Puis nous rentrons dans le marché qui nous laisse pantois. Les fruits et les légumes y sont abondants et très beaux.
Nous assistons en plein centre du marché à une évangélisation par des sortes de bonnes sœurs en tenues bleues et un homme habillé tout en noir.
Les gens les connaissent apparemment bien et reprennent avec eux les paroles ou les chansons.
Dans les rues très animées des magasins, à notre grand étonnement, offrent tout ce que l’on peut désirer. Nous regrettons d’avoir fait le plein à Curaçao car il aurait été mieux faire travailler ces gens qui en ont certainement plus besoin, encore fallait-il le savoir!
Nous croisons quelques personnes avec les yeux un peu allumés (la drogue ici est monnaie courante) mais aussi des enfants des écoles très propres, tous en costumes. Il y a beaucoup de jeunesse ici et apparemment ils ne sont pas encore touchés par la mentalité Rasta.





























Samedi 26, Jmi et moi décidons de prendre le risque de sortir le soir dans la ville.
Super ambiance. A 21h tout est encore ouvert, les commerces sont plein de clients, on fait la queue même chez les coiffeurs, les rues sont bondées par toute la population du plus jeune au plus petit et les jeunes gens des écoles que nous avions tous vus en tenues scolaires sont maintenant habillés comme nos jeunes européens (quel changement!).
Dimanche 27, quelques photos de nos occupations en dehors des balades. La vie en bateau n’est pas de tout repos!!!
Comme ici à la Marina Errol Flynn (pourquoi ce nom? Je vais me renseigner!) il y a possibilité d’internet c’est avec un immense plaisir que je peux vous raconter ces moments là.
Ce qui nous attend après……….je n’en sais rien, alors peut être à très bientôt.

mercredi 16 novembre 2011

CENT VINGT DEUXIÈME SEMAINE DU LUNDI 7 NOVEMBRE AU MERCREDI 16 NOVEMBRE 2011

Hé bien voilà, après peu de temps de concertation, nous sommes tombés tous les quatre d’accord pour rester deux jours de plus sur cette jolie petite île de Bonaire.
Nous commençons à avoir quelques marques et à connaître quelques personnes et ces moments de séparations sont toujours pour moi très difficiles.
Mardi soir nous allons dire au revoir à Ely et Marvin, nos deux petits copains du café où l’on buvait un si bon vin blanc et où l’on dégustait les meilleurs Rib’s que je n’ai jamais mangés.





Mercredi, nous prenons le départ à 8h direction Curaçao. Nous avons 40Mn à faire. Le vent n’étant pas terrible, nous ferons malheureusement la moitié du chemin au moteur.
Nous arriverons vers 17h dans cette grande baie de Spanish Water à Curaçao.
Jmi et moi sommes déjà venus ici l’année précédente. Nous y avions laissé Balafenn pour notre retour en France et avions désespérément attendus à notre retour les pièces qui nous manquaient pour la réparation de nos moteurs.
C’est avec beaucoup de plaisir que nous y revenons.




Jeudi, nous partons tous les quatre en bus vers la Capitale Willemstad qui est éloignée d’environ 10km de notre mouillage.
Comme partout, les premières choses à faire sont de se rendre à la douane et à l’immigration.
Après ces démarches accomplies, nous flânerons toute la journée dans ces rues colorées et irons même jusqu’à rentrer dans le consulat hollandais où sont affichés les différents consuls qui ont été en place ici.
Petite pot à l’Iguana Café juste devant le pont pivotant et retour par le même bus jusqu’à notre mouillage.

















































Les jours suivant seront consacrés à la recherche de matériaux de bricolage divers et surtout à la préparation de notre futur départ vers Haïti, la Jamaïque et Cuba où nous devons être le 17 décembre au plus tard, nos premiers invités arrivant le 18.
Comme ces îles futures sont d’une grande pauvreté, nous allons faire le plein de conserves, pâtes, riz, eau, lait etc……pour essayer de pouvoir nourrir nos différents invités qui viennent nous rendre visite de mi décembre à mi février. Heureusement ici les commerces sont bien achalandés et l’on trouve à peu près tout ce que l’on désire, sauf peut être des cornichons à la Française et non sucrés!!
Lundi 14, nous avons rendez vous avec le représentant de North Sails (voiles neuves) car nous avons un petit problème d’attache. Pour une fois, la personne que nous attendons est à l’heure au rendez vous et la réparation est bien faite à notre grand soulagement.
Mardi 15, nous louons une voiture à 4 et partons d’une part faire nos papiers de sortie du territoire d’autre part pour faire une visite de l’île et enfin pour peaufiner nos besoins en alimentation que nous voudrions emmener.
Un petit tour à Sint Michiel où se retrouvent les flamands roses de l’île, une petite bouffe à Westpunt avec une vue imprenable sur l’immense baie et c’est déjà la corvée du super marché!!!
Nous rentrerons avec une voiture gonflée à bloc de victuailles et presque plus la place pour nous asseoir!!




























Nous décidons de partir jeudi 17. Nous avons environ 500Mn pour rejoindre Haïti et l’île à vache.
Suivant le vent que nous allons trouver, il nous faudra environ 4 jours pour y parvenir.

Je ne sais pas ce que nous allons découvrir dans ces îles, de la pauvreté sûrement.
Ce dont je suis sûre c’est que les connexions Internet sont pour ainsi dire inexistantes.
Alors je vous dis encore une fois à très bientôt.
J’essaierai, dans la mesure du possible, de vous donner des nouvelles dès que je le pourrai.