jeudi 16 février 2012

CENT VINGT SIXIÈME SEMAINE DU LUNDI 12 AU DIMANCHE 18 DÉCEMBRE 2011

Lundi 12 et mardi 13, nous restons à Cayo Cuervo tranquillement et décidons de partir pour Cienfuegos et la grande île de Cuba mercredi matin.
Dans la nuit de mardi à mercredi le vent est monté très fort jusqu’à plus de 30 nœuds.
Ti Corail a dérapé et heureusement s’en est vite rendu compte.
Balafenn n’a pas bougé……merci Madame ‘Spade’ notre nouvelle ancre….
Par Sécurité nous nous relaierons pour surveiller le bateau.










Mercredi 14 au matin, le vent est toujours aussi fort mais comme de toute façon la météo nous annonce ce même temps jusqu’à la fin de la semaine, nous prenons la décision d’ appareiller.
Les 5 à 6 premières heures sont pénibles, le temps que nous sortions du canal des Jardins de la Reine, puis le vent est descendu à environ 25 nœuds et la mer s’est un peu calmée.
La fin du voyage s’est bien passé à tel point que nous avons du réduire les voiles pour ne pas arriver trop tôt le matin à Cienfuegos.
Arrivée donc jeudi 15 au matin vers 8h30 à la Marina du Marlin à Cienfuegos.
Nos premiers visiteurs sont 3 personnes des services sanitaires et vétérinaires, puis c’est le tour de la douane et de la costa guarda.
Ces derniers sont accompagnés d’un chien pour repérer d’éventuelles détentions de drogue ou d’explosif, on ne sait pas trop.
On nous avait dit plein de chose sur les formalités d’entrée à Cuba surtout si l’on arrivait en bateau.
Que l’on nous confisquait tous les produits frais, que l’on mettait sous scellés les VHF ou les Irridium…..rien de tout cela est arrivé et nous avons eu à faire à des gens extrêmement gentils et courtois.
Puis nous nous sommes rendus au bureau de l’immigration et là aussi, aucun problème.
Maintenant nous sommes libres de nous rendre partout où nous voulons à terre, mais en bateau cela va être un peu plus surveillé.
Vendredi est une journée de grand nettoyage et il y a du boulot avec tous les paquets de mer que nous avons reçus!!!
Le soir, après avoir bossé comme des chefs, nous allons boire un pot au café de la Marina qui est un lieu bien sympathique fréquenté par des Cubains et quelques navigateurs comme nous.
Nous ferons la connaissance d’un allemand Gérard ,surnommé ’Hemingway’ avec qui nous discuterons jusqu’à presque deux heures du matin devant quelques bières ou Pinà colada.
Samedi 17, nous louons une voiture pour trois jours car demain nous allons nous rendre à la Havane pour aller chercher nos amis de Saint Malo…..Youpi!!!!
Nous profiterons de ce moyen de locomotion pour aller faire un petit tour dans la vieille ville de Cienfuegos qui se trouve à quelques kilomètres de la marina.
Cienfuegos a été fondée par des familles françaises.
Toutes les rues sont rectilignes et se croisent à angle droit.
Les immeubles élégants, aux lignes géométriques, lui ont valu le titre de patrimoine culturel de l’humanité en 2006.
Centre historique très beau. Ici pas beaucoup de voitures (les Cubains n’ont pas les moyens de s’en acheter et encore moins d’y mettre de l’essence!!!) mais celles que nous croisons sont de vieilles voitures américaines très bien entretenues et même quelques Peugeot 403 et 404!!!
Nous faisons la connaissance de Lazaro, qui sert plus ou moins de guide et qui parle un français comme vous et moi, peut être mieux encore.
Il nous conseille sur les endroits à visiter, où manger correctement et pas trop cher, où écouter de la musique…..
Il finira par venir manger avec nous et nous apprendra beaucoup de choses sur son pays.
Dans le cadre du jumelage Cienfuegos-Saint Nazaire il s’est rendu plusieurs fois en France et connaît très bien les Pays de Loire mais également Saint Malo et la Bretagne.
Nous avons eu beaucoup de chance de le rencontrer par hasard dans la rue et nous apprendrons de lui bien des choses que beaucoup de ses compatriotes n’oseront jamais nous dire (toujours le problème de la délation).
C’est un garçon très cultivé (études d’avocat). Mais malheureusement ce genre de métier ne faisant pas vivre à Cuba il s’est retranché dans une sorte de tourisme d’une part et de marché noir d’autre part. Il nous proposera des cigares Cohiba (soit disant les meilleurs?) pour beaucoup moins chers que dans les boutiques.
Je tiens en ce samedi 17 décembre à souhaiter un très joyeux anniversaire à ma Maman, qui fête aujourd’hui ses 81 ans.
Le plus gros problème que nous rencontrons ici est celui de la communication.
Internet est à très bas débit et en est à ses balbutiements, ce qui fait qu’à part consulter les Mails (et il faut être patients!!!) impossible de faire mon blog.
Quant au téléphone, il faut acheter des cartes. Les tarifs sont excessivement élevés et pour environ 15 CUC (monnaie réservée aux touristes), soit environ 12 à 13 euros, vous ne pouvez téléphoner que quelques minutes en international.
Ici deux monnaies en vigueur, le CUC (peso Cubano convertible) et le Peso Cubano (la monnaie nationale). 1 CUC équivaut environ à 25 pésos Cubanos.
Le Péso Cubano est utilisé par les Cubains pour acheter leur nourriture, payer leur logement etc…
Mais tout ce qui est considéré comme produit de luxe (du genre carburant, hôtels et produits touristiques) ne sera payé que par des CUC, même par les Cubains (à vrai dire ils sont une toute petite minorité à pouvoir le faire!!).
Dimanche 18, nous prenons la route de La havane et en arrivant prenons possession des 'Casas Particulares' (chambres chez l'habitant) que nous avions réservées par l'intermédiaire de la Capitainerie de la Marina de Cienfuegos.
Les gens sont d'un accueil chaleureux et nous nous retrouvons dans des chambres simples mais très propres avec salle de bain et toilettes. Nous avions donc réservé 4 chambres doubles car d'ici quelques heures nous allons chercher une partie de la famille Malouine : Sylvie, Alain, Marion, Olivier et le petit Léo de deux ans (dit le roi Léo).
Nous commencerons tous les 4 à visiter le vieux Havane et découvrirons une ville malheureusement délabrée mais qui a gardé des vestiges de son époque glorieuse.
Un petit tour à la 'Bodeguita del Médio', là où Hemingway a créé le Mojito puis laissons Agnès et Francis dans le vieux Havane et prenons la direction de l'aéroport.
L'avion est prévu avec plusieurs heures de retard, mais rien ne nous arrête, nous sommes tellement contents de retrouver nos amis!!!!
Retrouvailles chaleureuses, mais tout le monde est fatigué et nous réintégrerons les chambres rapidement vers minuit.




















































































CENT VINGT CINQUIÈME SEMAINE DU LUNDI 5 AU DIMANCHE11 DÉCEMBRE 2011

La navigation entre la Jamaïque et l’archipel des Îles de la Reine à Cuba s’est relativement bien passée et à la grande joie de tout le monde, le vent s’est montré sympa mais la mer un peu moins et elle nous a quelque peu secoués.
Nous voilà enfin à Cuba. Nous sommes dans les temps et décidons avec Ti Corail de rester quelques temps dans ces île désertes avant de rejoindre le 15 décembre la grande ville de Cienfuegos.
Un peu d’histoire.
Cuba est la plus grande île des grandes Antilles et elle fut découverte encore une fois par Krikri en 1492. A ce moment là elle était peuplée d’Arawaks puis elle fut conquise au 16ème siècle par l’Espagnol Diego Velasquez qui y introduit des esclaves noirs.
L’Espagne lui accorda une certaine autonomie après les révoltes de 1868 à 1878, quand l’esclavage fut supprimé.
Puis Cuba fut gouvernée par des militaires américains jusqu’à son indépendance en 1901.
Les années 1920/1930 furent dominées par la dictature de Gerardo Machado qui fut ensuite renversé par un coup d’état militaire mené par Fulgencio Batista. Ce dernier resta au pouvoir sous la protection des USA jusqu’en 1959 ou après trois années de guérilla, Fidel Castro mit fin à la dictature.
Sa politique socialiste l’éloigna petit à petit des USA et le rapprocha de l’Union Soviétique.
En 1961, la tentative d’invasion de la Baie des Cochons par des anti Castristes avorta et la guerre froide culmina lorsque les USA refusèrent de laisser l’Union Soviétique installer des missiles nucléaires sur l’île.
La chute de l’Union Soviétique affecta durement une économie déjà affaiblie par l’embargo des USA.
L’économie se base surtout sur les exportations de sucre, café et agrumes.
Mais malgré cela la vie des Cubains est très difficile (le salaire moyen est d’environ 15€ par mois, à savoir qu’un médecin touche seulement 30€ par mois!).
Les Américains détiennent toujours une base militaire à Guantanamo Bay à l’extrémité SE de l’île et il est formellement interdit d’y pénétrer.
Les possibilités de croisière à Cuba sont assez limitées du fait qu’une fois les démarches administratives effectuées (uniquement dans certaines Marinas) vous ne pouvez vous rendre où vous voulez qu’après l’avoir déclaré et avoir eu leur accord.
L’archipel des îles des Jardins de la Reine échappe à ces contrôles du fait de son éloignement de l’île principale (la plus proche étant à environ 120Mn de Cienfuegos).
Alors nous savons qu’ici nous ne rencontrerons pas de problème.
La plupart de ces petites îles sont faites d’une bande de terre et de mangrove et quelques unes ont de petites plages de sable.
Les fonds y sont coralliens et assez beaux et apparemment fourmillent de poissons tels que la raie Manta, les poissons perroquets, Pagres, Baracudas etc…. et bien sur d’une multitude de langoustes.
Lundi 5, nous arrivons à ‘Cayo Granada Grande’ vers 11h, mais nous ne sommes plus tous les deux sur Balafenn puisque depuis quelques heures un pigeon bagué est venu nous tenir compagnie.
Son immatriculation est FCI2011FCCCUBA109958 (avis à ceux qui s’y connaissent!). De ce fait nous lui donnons le nom de ‘OSS109’. Serait-il un agent secret de Fidèl?
Puis vient le tour des dauphins et enfin et cela est beaucoup moins drôle celui des mouches.
Pas de moustiques heureusement!
Nous avions prévu arriver le matin pour ainsi approcher la passe entourée de récifs de corail.
Nous resterons ici jusqu’à mercredi matin et malgré qu’il n’y pas de possibilité de se rendre à terre, nous y apprécierons le silence presque trop envahissant à mon goût.
Mercredi 7, nous prenons la direction vers 11h de l’île de Cayo Algondo Grande située à 12Mn de là.
OSS109 est reparti comme il était venu.
Petite navigation avec très peu de vent. Nous y arriverons vers 16h.











Jeudi 8, cette île comme la précédente est uniquement faite de mangrove.
En milieu d’après midi nous voyons arriver un bateau de pêche qui va mouiller au bord de la mangrove.
Quelque temps après, trois pécheurs sur une barcasse viennent nous rendre visite à la rame.
Ils ne veulent rien et viennent seulement discuter, ce qui n’est pas facile quand on ne parle par l’espagnol!
Nous les faisons monter à bord de Balafenn et appelons Francis (qui se débrouille dans cette langue) et Agnès à notre rescousse.
Il y a Alejandro, Laritsel et Omandry.
Les heures passent et c’est l’heure de l’apéro alors nous nous mettons tous au Ti Punch et comme j’avais préparé un grand Chili Con Carné nous mangerons tous les 7 ensemble.
Ils nous parlent de leur vie de pécheurs, de leurs enfants et de leurs familles mais quand il s’agit d’aller un peu plus profond dans la conversation les bouches se ferment. Après un repas copieusement arrosé ils finiront tout de même à nous dire que leur ‘Papa’ (Fidel) est tout pour eux, qu’il leur a apporté et tout cela gratuitement, l’éducation, la santé et les sports mais quand on leur demande de parler de la liberté, là il y a un Hic!
Ils vivent dans un pays de délation et même s’ils sont les meilleurs amis du monde, ils se méfient.
Ils partiront vers minuit en nous promettant de revenir le lendemain après midi après avoir fait leur pêche, avec du poisson.
Vendredi 9, chose promise, chose due. Nous voyons nos trois amis avec deux autres pécheurs Eleades et Ruben, débarquer avec des morceaux de raie et de carangue.
Pendant que Eleades et Ruben préparent les poissons (tirer des filets, les mettre dans de l’huile d’olive, citron vert, oignon, sel et poivre) Alejandro et Romandry emmènent Francis à la pêche aux langoustes.
Ils reviennent quelques temps après (-de 2h.) avec six langoustes énormes (la plus grosse doit dépasser les 4 kilos!). Ils ne garderont que les queues et comme pour les poissons ils nous feront une préparation à leur manière.
C’est Omandry qui s’y attelle et avec étonnement nous le voyons mélanger la chair des queues de langouste avec de l’huile d’olive, des oignons, de la mayonnaise et du fromage râpé et mettre tout cela au four. Bocuse n’a qu’à bien se tenir!!!!
Raudel (le capitaine) vient nous rejoindre et nous nous retrouvons à dix à table.
Ils ne veulent rien manger ni boire mais en insistant un peu et en leur mettant dans leurs assiettes malgré leurs protestations, ils finiront par tout manger et se régaler.
Nous apprendrons par la suite qu’ils n’ont pas le droit de manger de langouste et surtout pas de bœuf (cela voudrait dire qu’ils ont les moyens de s’en acheter) et que pour le bœuf ils risquent même de faire de la prison!!!
Mais ici ils ne risquent rien (pas de contrôle) mais la peur de la délation est toujours la plus forte!!
Samedi 10, nous quittons Cayo Algondon Grande (les pécheurs sont déjà partis faire leur dur métier) et prenons la direction de Cayo Cuervo à quelques Mn de là.
Mouillage assez abrité et sympa et ici contrairement aux deux autres îles il y a quelques oiseaux.

CENT VINGT QUATRIEME SEMAINE DU LUNDI 28 NOVEMBRE AU DIMANCHE 4 DECEMBRE 2011

Lundi et mardi, nous restons tranquillement dans la baie, fignolons nos derniers achats de victuailles. Je profite d’avoir trouvé un café qui ait de la connexion Internet pour mettre le blog à jour.





















Mercredi 30 à 7h, nous levons l’ancre et prenons la direction de Ocho Rios, une autre baie de la Jamaïque située à environ 40Mn.
Nous y arriverons sans encombre vers 17h.
Ici c’est le royaume des paquebots de tourisme (nous les appelons les arbres de Noël car il faut voir la nuit en mer l’effet qu‘ils provoquent avec toutes leurs lumières allumées), d’ailleurs deux d’entre eux immatriculés à Panama sont à quai avec leurs touristes Américains et Canadiens.
Le lendemain encore deux autres navires Norvégiens!
Nous nous en éloignons un peu et trouvons un mouillage beaucoup plus tranquille entre la barrière de corail et la côte.
Jeudi 1er, nous descendons à terre faire nos papiers de sortie du territoire Jamaïquain. Ici, tout le monde est adorable, la police, l’immigration et la douane.
Aucun problème et quand nous disons que nous sommes français, ils essaient tous les uns après les autres de nous dire quelques mots qu’ils ont appris à l’école.
Après ces formalités, nous allons faire un tour en ville.
Cet endroit est pour ainsi dire fait pour les croisiéristes. Ce ne sont que des boutiques «duty-free» Fringues, Bijoux, Alcools, Souvenirs etc... Mais après avoir marché un peu nous trouvons quelques magasins locaux toujours aussi bien fournis et des supérettes de chez nous!
Souvent dans la rue, on nous propose quelques herbes ‘illicites’ mais toujours discrètement et sans insistance. Nous voyons quelques ‘rastas’, mais les vrais, les durs de durs sont dans les montagnes.
Malheureusement, faute de temps, nous ne pourrons pas y aller.
Vendredi 2, alors que nous aurions du partir, la météo annonce un coup de vent fort pour la nuit. Alors Jmi et moi descendons de nouveau en ville pour faire quelques achats à mettre dans la hotte du Père Noël……pas grand choix, mais on fera avec ce que l’on trouve.
Le soir effectivement le vent se met à monter jusqu’à 30 nœuds et nous ne regretterons pas d’ être restés. Nous nous relaierons pour surveiller Balafenn, car nous sommes vraiment pris entre la barrière de corail et la côte, sur un fond de 2 mètres, alors en cas de dérapage, il vaut mieux être prudent, Mais nouvelle Ancre Spade est là…!
Samedi, nous sommes donc dans l’illégalité mais nous restons tout de même là en attendant que tout cela se calme et que la mer reprenne un aspect un peu plus sympathique.
Dimanche 9h, nous prenons la direction de Cuba et des Jardins de la Reine, situés à environ 150Mn.
La navigation s’annonce bonne avec un vent bien positionné et une mer un peu houleuse sans plus.
A suivre…..